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 Florian [validé]

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Florian
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Pouvoirs : Les pouvoirs des vampires
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Nom complet: Joseph Florian Louis-Jules Lorenzo, baron de Valenmont

MessageSujet: Florian [validé]   Lun 23 Juin 2008 - 20:09

Nom complet: Joseph Florian Louis-Jules Lorenzo, baron de Valenmont

Sexe: Masculin

Âge réel: 35 ans

Âge apparent: 24 ans

Apparence physique: Florian a l'apparence d'un jeune homme au physique très attirant. Sa longue chevelure, d'une nuance foncée de blond vénitien, boucle superbement et encadre un visage pâle et beau. Ses traits sont bien dessinés, mais, quoique que très doux, sont trop volontaires pour être féminins. Ses yeux, d'une teinte sombre et cristalline de vert, confèrent au vampire un regard profond et envoûtant. Ils témoignent de sa grande intelligence et sont une fenêtre ouverte sur son âme surnaturelle, quand il daigne se révéler. Ses lèvres, souples et pulpeuses, sont parfois d'un rose cendré très tendre ou d'un riche rouge de gentilhomme, selon qu'il a bu ou pas sa dose de sang. Sa bouche, au tracé délicat, inspire baisers et voluptés, tout en étant très encline à sourire. Il est parfaitement imberbe, mesure un mètre soixante-quinze, a toujours fière allure, une majesté presque palpable et un port altier. Ses mouvements sont emplis d'une grâce indicible et font rarement le moindre bruit. La voix de ce buveur de sang est très jolie et excessivement musicale, teintée d'un accent tenant à la fois du provençal et de l'italien. On le voit souvent perdu dans ses pensées, tantôt absorbé par une intense réflexion, tantôt sous le joug d’une mélancolie sans nom.

Quand il ne porte pas une postiche poudrée, Florian noue ses cheveux en catogan, encore qu'il les laisse libres lorsqu'il est seul chez lui. Il lui arrive de porter une cane d'ébène à la main ou des pierres aux doigts. Ses habits sont souvent de la dernière mode, de brocard, velours, satin ou soieries. Il affectionne particulièrement les couleurs qui mettent ses yeux ou ses cheveux en valeur, à savoir le vert, le bleu, le noir ou les teintes crème. Cependant, il n'aime pas particulièrement les coloris pastels, pourtant si prisés à cette époque. Sous ses riches habits, Florian laisse voir un corps magnifique, aux muscles nettement découpés et à la peau glabre. Jeune et beau pour l'éternité, il n'a rien a envier aux dieux grecs.

Personnalité: Vampire mystérieux qu'il est, Florian demeure un être charismatique, sensible et très intelligent. C'est un esthète et un grand romantique, ivre de poésie et de sensualité. Pour lui, l'éternité coule doucement, et il occupe son immortalité en pratiquant l'art sous un nombre impressionnant de ses formes, tout en cherchant des réponses aux grandes questions de l'existence. Toujours plein d'assurance, et peut-être aussi d'orgueil, il avance avec dignité et confiance dans le monde. Toujours très courtois en toutes circonstances, c'est un être doux, attentionné et ouvert, mais qui conserve un côté sombre, désillusionné, voire déprimé. C'est un être qu'il est facile d'aimer et qui aime facilement.

Histoire: Après la mort de son frère aîné, Marie Marguerite Anne-Constance Sophie devint l'unique héritière de son père, le baron de Valenmont. Cette baronnie, au pied des Alpes françaises, connaissait de sérieuses difficultés financières, qui furent partiellement réglées par le mariage de Margerite avec un aristocrate italien d'une riche famille, Giuseppe Carlo Marco-Andrea Teodoro di Vergiaqua. Cadet de la famille, c'est lui qui alla habiter le domaine de son épouse et non l'inverse, apportant malgré tout une dot respectable qui allait permettre de relancer la production viticole de Valenmont.

De l'union de ces nouveaux baron et baronne de Valenmont naquit Florian, aîné de quatre enfants. Cependant, seule une de ses soeurs survécut à l'enfance. Du reste, bien qu'issu de la petite noblesse, Florian vécut une enfance relativement heureuse et normale au bord des montages aux sommets immaculés. Ses parents n'étaient pas vraiment amoureux l'un de l'autre, mais ils s'entendaient très bien et étaient toujours prévenants, comme de bons amis, unis par des enfants communs et une terre à faire prospérer. Florian fut toujours plus près de sa mère que de son père, alors que c'était plutôt l'inverse pour sa soeur.

Les années passèrent, et Florian grandit en beauté et en esprit, bien qu'il n'eut d'éducation que celle que son père put lui donner. Relativement solitaire étant enfant, le jeune homme ne trouva pas un bien grand réconfort chez sa soeur, avec laquelle il avait un trop grand écart d'âge. Sa mère résolut donc de lui présenter son cousin au second degré, Joseph Jean-Baptiste Valery Ludovic, futur compte de Sicrique. Très rapidement, les deux jouvenceaux se lièrent d'une sincère amitié qui devait les accompagner pour le reste de leur adolescence. Bien souvent, l'un séjournait dans la famille de l'autre, ou inversement, et, dès lors, ils n'étaient plus tellement heureux lorsqu'ils étaient séparés. Qui avaient-ils d'autre pour comprendre leur sensibilité, leur envie de vivre hier alors que le monde entier se tournait vers demain? Florian et Jean-Baptiste étaient des romantiques avant le temps, dans une société où la subjectivité était écrasée sous le talon de la raison.

Peu avant qu'il n'atteigne ses dix-sept ans, le futur compte de Sicrique fut fiancé par ses parents à une jeune femme qu'il connaissait plus ou moins. Alors seulement Florian réalisa-t-il, à travers une certaine jalousie, combien il aimait son cousin et combien il tenait à lui. Mais que pensait-il, en basant toute son existence autour de cet être cher? En en faisant son confident, son ami intime, l'oreille dans laquelle il déversait la moindre de ses pensées? Avait-il cru qu'à jamais il aurait sa compagnie pour recevoir et donner de l'affection? La vie ne pourrait pas se passer ainsi; il s'en rendait compte, en cet instant. La vie, l'âge adulte, avec ses myriades de responsabilités, lui arracherait bientôt Jean-Baptiste. Une grande amertume s'empara de lui.

Alors, un soir qu'ils revenaient de la chasse, Florian s'approcha de son ami, embrassa sa joue, ses lèvres. Les joies de son passé avec lui et la déchirure qu'il sentait s'avancer dans un futur proche rendaient ses sentiments présents incertains. Son coeur tricolait dans sa poitrine, perplexe; allait-il rire doucement ou se mettre à pleurer? Et cette étreinte, oh, Dieu! Cette étreinte si forte et si sincère, ce visage enfouit dans son cou. Ils avaient peur.

Bien que toujours attiré par le sexe opposé, Florian ne pouvait nier trouver son compagnon extrêmement beau et séduisant. Comment ne pas aimer sa peau naturellement blanche, comme imperméable au soleil? Comment résister à ces ravissantes fossettes qui creusaient ses joues lorsqu'il lui souriait? Il avait les cheveux d'un coloris châtain indéfinissable, semblable à celui de Florian, mais dans une teinte plus claire; ni vraiment rousse, ni vraiment blonde. Ses yeux étaient d'un bleu sublime, jetant des éclairs de perspicacité dans la clarté du jour, et sa bouche parfaite, au dessus d'un menton arrondi, aurait suscité la jalousie chez les anges de Botticelli. Bref, c'est avec cet adolescent svelte et beau que Florian prit conscience qu'un homme peut être aussi attirant qu'une femme: la beauté est dans l'oeil de celui qui regarde.

Bras dessus, bras dessous, les amants s'en retournèrent au château de Sicrique, entre chien et loup.

Vint le jour du mariage, auquel Florian assista avec force de mélancolie, sachant que sa femme et son nouveau rôle familial occuperaient sans doute désormais la plupart du temps de son bel amour. Ne pouvaient-ils pas demeurer jeunes et insouciants jusqu'à leur dernier souffle? Lui-même eut été marié si sa famille s'en était tirée aussi bien que celle de Sicrique. Mais qui voudrait épouser le titre de baron de Valenmont et perdre sa vie à tenter de garder une maigre plantation rentable?

Les semaines passèrent, puis les mois. Florian eut dix-sept ans, mais on ne pouvait dire qu'il avait célébré son anniversaire. Il ne se réjouissait plus de rien. Si son père ne lui avait pas appris à lire, lui permettant de chercher quelque réconfort dans les livres, il eut sans doute sombré définitivement. Trouvant son fils si malheureux, sa mère commença à se faire du sang d'encre. Rejoindre ou inviter son cousin ne le transportait plus de joie comme avant, et rien de ce que ses parents purent dire ou tenter ne parvint à lui faire esquisser un sourire.

Finalement, la baronne conclut qu'un changement d'air ferait le plus grand bien à son fils et décida de l'envoyer quelques temps en Italie, chez son oncle parrain, le comte de Vergiaqua, dans l'espoir que cet éloignement lui ferait oublier ses tourments.

Si Florian ne retrouva pas le bonheur en Italie, il sembla à tout le moins y perdre sa morosité. Son oncle Lorenzo était bien plus fortuné que ses parents et eut tôt fait de lui offrir de beaux présents. C'est là que le jeune homme appris l'italien, avec l'aide et la patience de ses cousins. Néanmoins, il apprenait très vite, aussi su converser normalement après quelques semaines passées à l'est des Alpes. Parfois, son oncle et sa tante l'emmenaient, avec le reste de leur famille, faire un tour à Turin, d'où il revenait souvent avec un nouveau livre ou une bague au doigt. Sur l'instrument de son cousin Paolo, il apprit à jouer du violon et, sa fibre artistique se développant, se joignit, lors de ses séjours, à une petite troupe de théâtre de rue. Il réussissait très bien, jouant juste et avec une aisance toute naturelle.

Personne ne le savait alors, mais ce séjour en Italie allait changer le cours de son existence.

En effet, c'est dans la ville de Turin que Florian fut remarqué par un homme, lui-même d'origine française, qui sembla tomber sous son charme. Ce baron d'Artevenn commença par le félicité pour son premier rôle dans une tragédie grecque, puis à lui recommander certains précepteurs et, de fil en aiguille, se mit à dépenser une petite fortune pour lui offrir une véritable éducation, en plus de sa protection en toutes choses. D'abord méfiant devant une telle générosité apparemment désintéressée, le jeune homme finit par saisir pleinement la chance qui s'offrait à lui, surtout que sa mère, dans ses lettres, l'exhortait à profiter au mieux de ces dons abondants.

Le mécène, lui, semblait s'intéresser de près aux rapides progrès de Florian dans tous les domaines. Il lui arrivait souvent de venir, en soirée, lui faire pratiquer son grec et son latin à l'oral ou l'écouter jouer du clavecin ou du violon. Lorsqu'il lui annonça qu'il désirait poursuivre ses études à Paris, le jeune aristocrate ne fut pas déçu.

L'animation qui régnait dans Paris ne fut pas étrangère à l'apaisant oubli qui sembla étreindre le coeur meurtri de Florian. Ce coeur qui, depuis plus d'un an, pleurait la perte de l'être qu'il aimât le plus au monde. Lorsqu'il repensait à cette séparation douloureuse, il lui arrivait de sombrer dans la plus désespérée des mélancolies, qu'il noyait dans des litres de vin et des bains de lune. Les vapeurs de l'alcool rendaient alors indistinctes dans son esprits les visions qu'il avait de ses boucles claires et soyeuses, de sa peau au grain si fin, de ses yeux si, oh si pur!

Jean-Baptiste...

N'aillant à Paris nulle famille pour le distraire, Florian, fuyant ses souvenirs avec une ardeur redoublée, s'absorba encore plus profondément dans ses études. À vingt-quatre ans, épuisé, il était docteur des facultés d'art, de droit et de théologie. Jamais il n'avait cherché à se faire des amis, malgré son tempérament plutôt social. Il entretenait tout au plus de bonnes relations avec ses professeurs et camarades, avec lesquels il devisait parfois aux Tuileries et que tous trouvaient brillant.

Il était des jours où le jeune Florian se trouvait ridicule en lui-même. Il marchait lentement sur les bords de la Seine, avant le crépuscule, se demandant comment il pouvait encore être aussi blessé par sa séparation d'avec son ami alors que celle-ci datait déjà de quelques années. Dans les fait, il n'avait tout simplement jamais pris le temps de faire son deuil de cette relation. Il avait mis ses sentiments de côté plutôt que d'affronter la réalité. Il avait préféré, toutes ces années, souffrir cet amour impossible plutôt que d'admettre en lui-même que c'était réellement terminé, de tourner la page. Il l'aimait!

Désirant fêter dignement les mérites scolaires de son protégé, d'Artevenn invita Florian à le rejoindre en Italie où, après un bref séjour dans sa famille où il retrouva ses parents et rencontra son neveu nouveau-né, le jeune homme se rendit effectivement. Là, une réception fut donnée en son honneur, qui devait changer le reste de sa vie.

Si Florian ne remarqua jamais au cours du banquet que Guillaume ne consommait en fait pas la nourriture dans son assiette, il vit par contre une chose troublante vers la fin de la soirée: son protecteur qui, baisant le coup d'une jeune femme, la laissa morte, la gorge percée de deux minuscules trous. Aussitôt, un mot s'extirpa de ses lectures abondantes: «Vampire!»


Dernière édition par Florian le Dim 24 Aoû 2008 - 20:48, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Florian [validé]   Lun 30 Juin 2008 - 19:08

De fait, comme s'il l'avait entendu penser, le baron d'Artevenn tourna la tête dans sa direction et, l'entraînant de force dans sa main surnaturellement forte, prit congé des rares invités à s'être attardés jusqu'à cette heure. Alors seulement Florian prit-il conscience de tout ce qui trahissait la nature non-humaine de son bienfaiteur: sa vie parfaitement nocturne, son apparence inchangée malgré les années, sa peau trop blanche et surtout trop lisse, cette lueur dans son regard qui captait l'attention et lui apportait les mortels qui se jetaient dans ses bras aussi sûrement que les papillons de nuit étaient attirés par les flammes. Il n'y avait pas jusqu'à ses ongles qui ne semblassent appartenir à quelque autre espèce que celle des hommes. On eut dit du verre. Et, sans qu'il les eu vues, Florian devina que ses dents étaient couronnées de canines proéminentes.

«Vampire! Démon!, hurla-t-il, en proie à une panique grandissante. Vades retro, Satana!»

Mais rien n'y fit. De son étreinte puissante, Guillaume se saisit de lui, aspirant son sang après avoir plaqué sa bouche sur sa gorge. Les cris de protestation de Florian s'évanouirent dans les brumes de la transe. Le sol sembla se dérober sous les pied de la victime tendis qu'il chevauchait dans une pleine verdoyante sous un soleil de plomb. Ses habits étaient ceux d'une autre époque, mais l'air qu'il pouvait presque sentir contre sa joue n'avait rien de différent. Mais pourquoi n'y avait-il personne dans le château pour venir lui souhaiter la bienvenue à lui, le fils du seigneur? Où étaient passés les serfs, les
soldats? Morts! Tous morts, là, sur le sol, les uns contre les autres, laissés dans la position grotesque que leur avait donné la mort dans leur chute. Le silence...

«Bois, maintenant.»

À peine conscient, Florian ne commença à boire ce sang qui ruisselait sur la gorge d'Artevenn que lorsque quelques gouttes de ce liquide brûlant suintèrent de la plaie qu'il s'était lui-même infligée pour atteindre sa bouche entrouverte, que le vampire pressait tendrement sur la blessure de sa propre gorge. Réalisant comment il avait soif, il se mit à boire avidement, inconscient de la transformation que ce fluide allait opérer en lui...

Alors qu'il divaguait de nouveau, une étrange et sourde pulsation montant en lui, son esprit donna à Florian une image de lui-même. Il se vit bien en face, assis à une table. Mais il lui semblait que son visage était trop, lumineux, que sa voix semblait trop parfaite, comme biaisés par la subjectivité des yeux par lesquels il voyait tout cela.

Les battements de coeur s'intensifièrent. «Encore! J'en veux encore!»

Cette fois, il était sur un navire, sur les eaux calmes de la Méditerranée, observé par une lune pleine et curieuse. Était-il sur une galère pour entendre pareil tambour battre le rythme? Assurément, cette cadence était trop rapide. Et n'était-il pas sur une caravelle? Ces coups de tonnerre, c'était la pulsation!

«Assez!»

La dureté du sol l'accueil lorsque l'étreinte se relâcha. Étourdi, Florian perçut néanmoins la coupure au coup d'Artevenn se refermer d'elle-même avant qu'une crampe insupportable ne le prit subitement à l'estomac, suivit d'une autre, son ventre se contractant sans qu'il puisse le retenir ou contrer la douleur cuisante qui le tenaillait à présent de la tête aux pieds. C'était comme si chacune de ses veines portait maintenant du plomb en fusion. Son crâne lui semblait sur le point d'imploser, ses membres allaient éclater...

Puis, soudain, ce fut terminé. Aussi rapidement que c'était venu.

Il sembla alors au jeune Florian que le nombre de bougies dans la pièce s'était décuplé tant la pièce lui parut tout à coup lumineuse. Sa respiration, qui s'était emballée durant la transformation, s'apaisa. Il entendait clairement son propre souffle, les battements réguliers de son coeur.

Lentement, il se redressa et jeta un regard à celui qui venait de faire un vampire de lui. Son apprentissage pouvait commencer.

Les nuits suivant sa transformation, Florian appris de son créateur une bonne partie de son savoir: comment boire correctement, en sachant s'arrêter avant que la vie ne s'éteigne, comment se cacher de l'astre destructeur et exploiter sa capacité à entendre les pensées. Dès les premiers temps de sa jeunesse immortelle, le novice était tiraillé entre la fascination qu'exerçait sur lui ses nouveaux dons et la douleur morale de devoir se faire meurtrier chaque nuit. En allant contre sa volonté, en lui faisant le Don ténébreux, il semblait à Florian que son créateur l'avait privé de la rédemption. Désormais, il n'avait plus sa place dans le Royaume de Dieu, mais plus que sur terre. Il n'y aurait plus ni mort, ni jugement, ni salut. Il était damné, abandonné par l'Éternel. N'avait-il pas fait couler le sang de frères humains? À présent, il ne goûterait jamais plus les richesses du sol; il serait errant et vagabond sur la terre.

Tourmenté comme nul mortel ne pouvait l'être, assassin malgré lui, le vampire mit peu de temps à voir sa rage atteindre au passionnel. Peu de temps avait encore passé lorsque, se fiant aux vieilles légendes qu'il avait entendues, Florian tenta de détruire son maître à la faveur d'un pieu logé en plein coeur. Hélas! Fâché, mais nullement blessé, Guillaume retira le bout de bois de sa poitrine avant de le rejeter dédaigneusement. Quelle épouvante saisit alors celui qui avait voulu se venger! C'était lui qui maintenant allait tremper ses lèvres à l'amertume de la mort dans les souffrances que son maître allait lui infliger et que, comme il en était persuadé, ne seraient que le doux prélude de celles que lui réservait l'enfer...

Non, il ne pouvait rester là et demander pardon. Il n'y en aurait pas. Fuir, voilà ce qu'il devait faire. Aller là où son maître ne le retrouverait jamais. L'aube allait se lever, peut-être ne le poursuivrait-il pas.

Et ainsi Florian prit-il ses jambes à son cou, retournant aussi vite qu'il le put dans sa Provence natale. Craignant de croiser le regard de sa mère et d'y voir quelque dégoût, le vampire se rendit plutôt en Sicrique, dans l'espoir de vaincre la solitude...

Son cousin l'accueillit avec étonnement mais chaleur, après tout ce temps de séparation. Jean-Baptiste n'avait pas beaucoup changé depuis leur dernière rencontre, si ce n'était qu'il avait encore embellit. Ce n'était plus ce jouvenceau qu'il avait laissé derrière lui, mais un adulte, un homme.

La nouvelle condition de Florian avait apporté avec elle le fardeau de la soif. Et du désir. Voilà qu'il regardait son ancien confident avec un coeur de mortel mais des yeux de vampire. Des yeux qui voyaient sur sa gorge un pouls soulever ses veines...

Oh, comme il l'aimait! Et maintenant, dans les ténèbres de sa nature vampirique, voilà qu'il désirait ardemment le posséder de la seule manière qui fut encore à sa portée. Oh, oui! Il allait boire à la source de sa jeunesse, lier son esprit au sien, son âme à la sienne le temps d'un baiser sanglant! Mais pourquoi ne lui avait-il pas fait l'amour quand il en avait eu l'occasion? À présent, il allait le prendre autrement, et en faire son compagnon pour l'éternité...

D'abord surpris, Jean-Baptiste se laissa finalement faire lorsque son vieil ami posa délicatement ses lèvres sur son cou tendre. Il ferma les yeux lorsqu'il commença à se vider de sa substance, laquelle alla alimenter celle du buveur de sang.

La clarté du matin le submergea alors. Les oiseaux chantaient comme on les entendait rarement le faire de plein jour. Le printemps exhalait les plus douces odeurs qui furent, celles des pommiers en fleurs dans le verger de Sicrique, de l'herbe humide après la légère pluie nocturne qui avait délicieusement rafraîchit l'air. Tout près, une femme pleurait sans bruit. Un autre pleur venait de se taire. Un cri aigu, déchirant et attendrissant. Oui, là! Dans les bras de la femme, pressé sur son sein. Un nouveau-né. Le cousin au troisième degré des enfants que Florian n'aurait jamais. Le fils de Jean-Baptiste.

La vision se détacha de l'esprit du vampire comme ses lèvres de sa victime bien-aimée. Ils étaient couchés dans l'herbe verte, maintenant. Vite, le faire boire à ses veines, pour qu'ainsi la mort se chasse elle-même, pour que son décès soit renaissance.

«Bois, amour!, lui intima-t-il.

-Que m'as-tu fait?

-Bois et tu seras comme moi! Immortel, invincible devant la maladie! Prend ma main, prend mon sang, le tien! Je te le rends! Bois! Je t'aime! Bois! Viens avec moi!

-Non...»

Le vert des yeux de Florian s'embua du rouge de ses larmes de sang. Il porta son poignet à ses dents et l'ouvrit pour en abreuver son ami.

«Bois! Bois et tu ne connaîtras jamais la mort! Nous ne serons jamais vieux ou seuls!, insista Florian.

-Voilà, rétorqua l'autre d'une voix faible, la grande différence entre nous, amour. Tu cherches à t'éloigner des malheurs, alors que moi, je me rapproche des joies. Quand tu évitais la maladie, je recherchais la santé. Tu proposes de ne pas mourir... mais moi, je veux vivre!»

Et Jean-Baptiste, en larmes, recracha le sang pourtant si invitant que son cousin venait de verser en sa bouche béante. Et la mort l'en prit.

Florian tremblait de tout son être dans la douleur de ses sanglots alors que, penché sur feu son ami, il pleurait sur son corps des larmes mêlée du sang qu'il lui avait dérobé. Un long moment, il pressa sa tête sans vie contre sa poitrine, se balançant d'avant en arrière, la main enfouie pour la dernière fois dans la douceur des cheveux de Jean-Baptiste.

Accablé de remords et de chagrin, le vampire s'en alla gésir au fond du caveau familial des Sicrique. Là, il s'abandonna à une assoiffante langueur, ne se relevant même plus pour chasser. Son corps où tôt fait de se

dessécher, mais Florian n'en avait cure. Il comptait demeurer là à jamais, par manque de sang, de vie, d'amour. Doucement, il s'abîma dans un sommeil délicieux de par l'apaisement qu'il apportait. Son esprit s'égara longuement dans un rêve sans trame. Or, il vint un temps où Florian s'aperçut qu'il percevait toujours aussi nettement les pensées des mortels. En fait, le calme que lui avait intimé son jeûne rendait ses propres réflexions plus claires, en plus d'affiner la sensibilité de ses perceptions extra-sensorielles. Le mort-vivant en vint même à voir et entendre ce que voyaient et entendaient les mortels des environs. Et il se prit au jeu. Vivre ainsi en pleine lumière des dizaines de vies à la fois avait quelque chose de grisant, quelque chose qui lui redonnait une certaine envie de se redresser dans cette crypte, où il était couché sur la poussière qui autrefois était les ossements de sa grande-tante. N'avait-il pas envie de vivre en sa propre existence, de ressentir les choses par son propre corps? Pourquoi faire! Il pouvait contempler le soleil, à présent, il pouvait admirer la beauté des mortels sans y remarquer quelque saillante veine sous la mâchoire.

Pourtant, il arriva qu'une nuit, un coquin rayon de lune trouva son chemin jusque dans les profondeurs de la tombe, et, intrépide, parvint à éclairer l'oeil du vampire à travers sa paupière livide. Quelle sensation! Comment Florian avait-il pu oublier la supériorité de ses nouveaux sens sur ceux qu'il avait abandonné avec sa mortalité et son innocence? Il avait l'éternité pour jouir et oublier. Mais pour aimer?

Qu'à cela ne tienne, le désir de vivre parmi les mortels étaient devenu en lui plus puissant que celui de vivre à travers eux. Ainsi le mort-vivant décida-il d'appeler une mortelle, servante au château de Sicrique. Il ne lui laissa aucun repos, la charmant chaque nuit dans d'érotiques rêves évoquant son propre corps surnaturel, prononçant son nom dans son esprit à répétition. Viens... Viens...

Et elle vint.

Ah! Le suprême délice de boire après un si long jeûne! Les bras devenus squelettiques de Florian enserrèrent le jeune femme, hypnotisée par le pouvoir qu'il exerçait sur elle.

Ravivé par ce repas de sang, le vampire partit en quête d'une nouvelle victime, puis d'une seconde, jusqu'à retrouver sa consistance première, voir son corps, gorgé de sang, reprendre du volume sous l'effet de sa chasse impitoyable à travers le comté. Il ignorait combien de temps exactement il avait passé enfoui, mais la saison avait changé.

L'idée de retourner à Paris lui paraissait à présent alléchante, mais Florian se rappela ce qui l'avait poussé à quitter la capitale française. Qui sait si son créateur ne l'avait pas cherché tout ce temps? Peut-être le poursuivait-il en ce moment-même! Non, il fallait quitter cet endroit, ce pays, ce continent. Partir, partir très loin, le temps de se faire oublier.


Dernière édition par Florian le Mar 1 Juil 2008 - 20:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Florian [validé]   Mar 1 Juil 2008 - 20:13

Bientôt, le vampire atteignait Saint-Domingue après des mois passés sur un navire qui avait progressivement vu sa population de rats être réduite à néant, victime d'un mal mystérieux qui asséchait leurs corps.

Saint-Domingue, à cette époque, était le joyau des colonies de la France. La vie là-bas était si aisée pour les propriétaires terriens qu'elle en devenait ennuyante, sans intrigue. Toutes leurs journées se passaient en banquets, fêtes, réceptions, bals. C'était un univers de luxure, don du chaud climat et de la multitude d'esclaves qui enrichissaient l'île d'une abondance de sucre, café, indigo et bananes.

Le mort-vivant se nourrit au cou d'esclaves comme de riches, dépouillant ces derniers de leurs apparats du moment. Assez rapidement, il posséda de quoi parier aux cartes. Usant de sa faculté à lire les pensées, le vampire gagnait sans arrêt, amassant toujours plus d'argent. Des gens ordinaires l'auraient accusé de tricherie ou auraient à tout le moins eu le bon sens de s'abstenir de jouer contre un adversaire invaincu et apparemment invincible. Mais les riches habitants de l'île qui deviendrait Haïti étaient rongés par force de décadence, si bien que Florian attira encore de plus nombreux et plus fortunés joueurs de cartes qui, dans leur orgueil, se seraient flattés d'être celui qui aurait battu Florian.

Au printemps, le jeune vampire avait amassé suffisamment de liquidités pour s'acheter un lot, sur lequel il fit bâtir une somptueuse plantation de cannes à sucre, faisant travailler dans ses champs nombre d'esclaves directement importés d'Afrique. Trouvant un jour stupide de se procurer constamment des esclave, il acheta un vingtaine de femmes qu'il fit se reproduire, comme du bétail, si bien qu'en le temps de le dire, il avait plus d'esclaves qu'il en savait quoi faire. Son domaine s'agrandit par achat; sa fortune s'accrut encore.

Pendant la décennie qu'il passa au sein des plantations créoles, le vampire apprit à apprivoiser sa nature de prédateur. Il vit bien vite que, quoique qu'étant maintenant un tueur, il n'avait rien perdu de sa sensibilité humaine. Au contraire, ses nouveaux dons lui permettaient à présent d'exprimer ses émotions avec beaucoup plus de facilité, la musique lui venant encore plus facilement, la peinture devenant chez lui innée. Sa mémoire, comme toutes ses capacités intellectuelles, d'ailleurs, était devenue très affûtée.

Les années passèrent donc ainsi, Florian vivant en noble et généreux seigneur chez lui, mais demeurant néanmoins l'ombre meurtrière qui emporta tant de vies au sein de la colonie, ce «grenier à sucre» de la France.

Lorsque voir toujours les mêmes visages commença à lui peser, que l'animation de Paris se mit à lui manquer et qu'enfin sa fortune était assurée pour pratiquement tout le siècle à venir, le vampire commença à envisager de retourner dans l'Ancien Monde. Et cependant, il hésitait à laisser derrière lui la vie
qu'il s'était bâtie durant la dernière décennie.

Ce fut finalement sa soeur qui, dans une de ses correspondances, l'exhorta à regagner la France, car ses parents venaient de succomber à une épidémie de grippe. Bouleversé, ne les ayant pas vus depuis une période antérieure à sa vie d'immortel, Florian vendit à grand prix son vaste domaine et toutes ses possessions pour retrouver sa terre natale, où, avec beaucoup de retard, il rendit hommage à la mémoire de ses aïeux, avant de prendre possession de son titre de baron de Valenmont. Une nouvelle vie s'ouvrait à lui. Désormais, il allait pouvoir vivre dans Paris, la Cité des Lumières, en tant que véritable aristocrate.

_________________
«Allez, viens avec moi,
Nos cœurs à la lumière,
Les étoiles dans nos bras,
Et nos âmes en Enfer.»


Dernière édition par Florian le Dim 7 Sep 2008 - 19:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Florian [validé]   Mar 1 Juil 2008 - 21:06



He bien, voici mon auto-validation! Dois-je me souhaiter la bienvenue et du plaisir?

Mystère...

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Nos cœurs à la lumière,
Les étoiles dans nos bras,
Et nos âmes en Enfer.»
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