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 Aperçu des lieux

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Florian
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Nom complet: Joseph Florian Louis-Jules Lorenzo, baron de Valenmont

MessageSujet: Aperçu des lieux   Lun 23 Juin 2008 - 1:20

Les Innocents

Sur ce site se trouvait à l’époque mérovingienne un cimetière dont des sarcophages en plâtre furent mis à jour durant les fouilles des années 1973-74. Un lieu de culte y avait été édifié, mais il semble probable que l’ensemble ait été en grande partie détruit lors des raids normands du IXe siècle. A cette époque, ce site est en dehors d’une ville qui, ne l’oublions pas, se trouve essentiellement sur la rive gauche de la Seine.

Au XIIe siècle, les premières sources écrites témoignent de l’existence, sur le site des Champeaux (c’est-à-dire des petits champs), d’une église et d’un cimetière, ouvert pour recevoir les corps des paroissiens de Saint-Germain-l’Auxerrois.

Le lieu était à cette époque ouvert, qui plus est situé près du marché central (à l’origine des Halles), déplacé en cet endroit en 1137 par Louis VI et agrandit par Louis VII. Il est alors décrit comme un cloaque fangeux dans lequel les animaux errent pour trouver leur nourriture, lieu de fréquentation des marchands, des écrivains publics, des prostituées et des lingères. Cette mauvaise réputation accompagna le cimetière jusqu’à sa fermeture.

L’église, quant à elle, avait une existence ancienne, mais elle fut refaite entièrement au XIIe ou au XIIIe siècle (on l’attribue généralement à Philippe Auguste, sans que cela ne soit prouvé). Elle occupait la totalité du quart nord-est du square actuel (son entrée principale correspondait approximativement à l’emplacement de la fontaine actuelle). Une entrée secondaire donnait sur la rue Saint-Denis. On y transfera les reliques d’un jeune martyr de Pontoise, Richard, que l’on disait avoir été la victime des juifs que Philippe Auguste venait d’expulser du royaume. On raconte que les miracles
furent nombreux sur sa tombe, à tel point que les Anglais, qui occupèrent Paris de 1420 à 1435, l’exhumèrent et le transportèrent en Angleterre (à l’exception de sa tête, laissée sur place).

Entre 1185 et 1190, Philippe Auguste partant en croisade fait ceindre Paris de la muraille qui porte son nom et dont il reste quelques vestiges. C’est à cette époque que le cimetière est agrandi, enclos d’un mur de 3 mètres de haut, et englobé dans les nouvelles limites de la ville, devenant ainsi un cimetière intra-muros.

Il se présente alors sous la forme d’un parallélogramme compris sur sa longueur entre les rues aux Fers (actuelle rue Berger) et de la Ferronnerie, sur sa largeur par les rues Saint-Denis et de la Lingerie, c’est à dire une surface sensiblement plus grande que l’actuel square. Cinq portes y donnent accès. Le terrain est divisé en deux parties d’inégale importance : le cimetière proprement dit et le parterre, bande de terrain parallèle à la rue de la Lingerie, qui appartenait aux inhumations de l’Hôtel-Dieu et qui donna lieu à l’édification de chapelles (voir plus loin).

Le cimetière devint progressivement celui des paroisses de la rive droite, mais également des noyés de la Seine et des morts par épidémies. Les droits perçus pour les inhumations donnèrent lieu à de nombreux textes de loi, ce qui n’empêcha pas, jusqu’à la Révolution, des conflits juridiques entre les différentes institutions religieuses.

Les plus modestes se faisaient inhumer dans des fosses qui restaient ouvertes jusqu’à ce qu’elles fussent pleines. Plusieurs fosses étaient ouvertes simultanément, correspondant aux différentes institutions percevant des droits. Elles étaient encore plus nombreuses en cas d’épidémie. Pour la bourgeoisie, la sépulture individuelle était la norme. Certains étaient inhumés en cercueil (on a retrouvé des traces de bois et des clous), mais la plupart l’était dans un simple linceul : une légende attribuait à la terre des Innocents la propriété de dissoudre les corps en un temps record ! On imagine l’odeur et les conséquences sur la santé publique!

En raison de l’augmentation démographique, il fallut trouver un moyen de vider les fosses pour des usages ultérieurs : c’est l’origine des charniers (ou pourrissoirs) qui furent construits, entre le XIVe et XVe siècle, adossés au mur d’enceinte tout autour du cimetière. Ce furent les bourgeois qui, progressivement, firent édifier ces arcades, souvent pour leur usage personnel (ainsi, Nicolas Flamel fit construire l’une d’entre elles pour le tombeau de sa femme Pernelle). Peintures, fresques et épitaphes fleurirent rapidement, la plus célèbre étant la danse macabre. C’est également dans ces galeries que se trouvait, enfermée dans un coffre ouvert uniquement à la Toussaint, le squelette d’albâtre, dit également la Mort Saint-Innocent, squelette d’un mètre de haut tenant d’une main son linceul, de l’autre un cartouche où on lisait: "Il n’est vivant, tant soit plein d’art,/Ni de force pour résistance,/Que je ne frappe de mon dard,/Pour bailler aux vers leur pitance". Attribuée à Germain Pilon, cette oeuvre fut déposée à la fermeture du cimetière en 1786 au musée des Monuments français. Elle se trouve désormais au Louvre.

Les charniers proprement dits se trouvaient au dessus des arcades, cette disposition permettant à l’air de circuler entre la toiture et les voûtes de façon à ce que les ossements exhumés fussent plus rapidement desséchés et réduits en poudre. Ces charniers étaient au nombre de quatre:

  • le Vieux charnier (19 arcades) le long de la rue aux Fers
  • le Petit charnier, dit également de la Vierge (4 arcades) le long de la rue Saint-Denis
  • le charnier des Lingères (27 ou 28 arcades) était parallèle à la rue de
  • la Ferronerie. C’est lui qui possédait la danse macabre.
  • le charnier des Ecrivains (17 arcades) le long de la rue de la Lingerie.
Entre l’église et le cimetière se trouvaient également des reclusoirs, habités essentiellement par des femmes. Il s’agissait de petites loges garnies seulement de deux étroites ouvertures: une donnant sur l’Eglise pour assister aux offices, l’autre sur le cimetière afin que des Parisiens charitables y déposent de la nourriture. Ces femmes, abandonnant le monde, y passaient le restant de leurs jours en oraisons et prières ! On connaît le cas d’Alix la Bourgotte qui mourut dans son reclusoir en 1470, après quarante six ans d’enfermement!





-Adapté de l'article original de Cimetières de France par Florian

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